Durant des siècles, les gens ne comprenait pas pourquoi la majeur partie des oiseaux n’était visible que pendant une partie de l’année.
A la fin du 19eme siècle, les hommes ont commencé à baguer les oiseaux pour comprendre cette « disparition » saisonnière, et ont ainsi découvert le phénomène des migrations.
Au 20eme siècle, le développement des nouvelles technologies et notamment des balises ARGOSS a permis de mieux comprendre les trajets, les comportements et les stratégies migratoires.
Les scientifiques purent réaliser de précieuses informations sur les sites de reproduction, les trajets ainsi que sur les sites d’hivernage. Sur 10000 espèces d’oiseaux connues, plus de la moitié effectuent des migrations. Ce phénomène se retrouve chez des espèces aussi variées que la sterne, l’albatros, les aigles, les pétrels ou encore les manchots.
Une hypothèse imputerait ces pratiques migratoires aux dernières glaciations : les calottes glaciaires s’étendant beaucoup loin sur les zones de reproductions, les oiseaux auraient commencé à migrer pour rechercher des zones plus riche en nourriture. Les générations auraient été de plus en plus performantes et auraient ainsi pu volé de plus en plus loin.
Aujourd’hui, le système de télémétrie satellitaire permet de suivre plus de 50 espèces, et notamment celle des cigognes blanches : Ciconia ciconia.
Ce grand volatile au bec long et rouge de plus de 1m de haut et 2m d’envergure a un cycle annuel répartit normalement entre sa reproduction en Europe et l'hivernage en Afrique.
Elles arrivent dans le courant du mois de Février dans les régions est de la France, l’Allemagne et tous les pays de L’Europe de l’est. La construction des nids et l’accouplement sont suivis d’une couvaison de 33 jours en moyenne. Les petits naissent entre avril et mai et sont rapidement éduquer par les parents pour le vol. Dès la fin du mois d'Août, les cigogneaux se regroupent et partent en migration vers le sud avant les adultes. Ils mettent quelques semaines pour atteindre les points d'eau africains où ils restent 2 ans pour parvenir à la maturité sexuelle. Ce n'est donc qu'âgées au minimum de 2 ans et demi qu'elles reviennent en Europe pour effectuer leur première reproduction, avant de refaire le voyage tous les ans une fois adultes.
Les cigognes effectuent donc des migrations au long court, aller retour.
Pour assurer les vols migratoires, les cigognes se rassemblent deux fois par an en très grands groupes de plusieurs centaines d'individus et parcourent plusieurs milliers de kilomètres, à raison de 250 à 300 Km par jour si les conditions météorologiques le permettent.
Contrairement à de nombreux autres oiseaux, les cigognes effectuent leur migration de jour et se reposent la nuit. De plus elle ne font aucune réserve lipidique pré migratoires. Ces particularités sont du à leur stratégie de vol : elles utilisent les courants d'air chauds ascendants provoqués par le soleil réchauffant la terre dès le petit matin. Si les conditions climatiques sont favorables, elles peuvent monter jusqu’à 4000 m d’altitude. Leur envergure leur permet ensuite de planer jusqu’au prochain courant ascendant qui les fera remonter et ainsi de suite. Le vol plané leur évite de consommé inutilement de l’énergie contrairement au vol battu qu’elle n’utilise que sur de courts trajets.
Grâce aux balises argoss, les scientifiques ont pu observer que les cigognes blanches se divisaient globalement en deux groupes :
- - les cigognes de l’ouest de l’Europe dont la zone de reproduction se situe en France, Allemagne, Espagne et la zone d’hivernage se situe en Afrique du nord ouest, leur trajet passant par le détroit de Gibraltar.
- les cigognes de l’est de l’Europe qui se reproduisent en Pologne majoritairement et hivernent au Soudan et en Tanzanie voire même en Afrique du sud. Leur trajet survole l’Europe, la Turquie, la Syrie, Israël, le Sinaï où l’on peut les observer facilement sur les lieux de halte.
Les cigognes sont des carnivores se nourrissant de batraciens, de poissons et de petits rongeurs.
En hiver boréal, L’Europe ne leur fournit pas suffisamment de proies pour garantir un apport de 400g de viande au quotidien.
Leur migration a donc pour cause, la recherche de nourriture.
Leurs orientation se fait par les courant aériens mais aussi et surtout par le champs magnétique terrestre. Il semblerai en effet que les oiseaux migrateurs diurnes, tel que la cigogne, serait du à des magnétorécepteurs localisés dans la rétine. Lorsque les molécules d’un photo pigment sont excités par la lumière, des paires de radicaux ionisés apparaissent provoquant l’alignement de cristaux de magnétite le long des lignes de champs de force du champ magnétique terrestre. Les oiseaux sont donc sensibles à l’inclinaison de ces lignes qui diffère en fonction des latitudes. C’est ce qu’on appelle un compas magnétique d’inclinaison.
Enfin leur navigation se fait grâce à leur mémoire, ce qui explique que les groupements de juvéniles se retrouvent peu souvent au même endroit que les groupements d’adultes.
Malheureusement, ces grands migrateurs subissent beaucoup de pertes lors des leurs voyage et la raréfaction de leurs habitat n’a fait qu’accentué la diminution du nombre de couples reproducteurs.
Aujourd’hui les nombreuses découvertes réalisées vont permettre de protéger, au moins en partie, leurs habitats naturels.